Le mot du jour franco-autrichien
 

 

 

 

 

BREDOUILLE

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"In der Bredouille: Wie es den Grünen im Bund mit der ÖVP ergeht." (article)

"Rien ne va plus" entre les partis de la coalition (turquoise-verte) en Autriche, affirment les observateurs politiques.

Les Verts "geraten in die Bredouille", c'est-à-dire qu'ils se retrouvent dans une situation difficile, embarrassante •• unangenehm, misslich •• , autrement dit, ils sont "dans le pétrin". (1)


L'expression "in der / die Bredouille" vient incontestablement du français : elle serait née à Berlin au XIXe siècle, époque où l'allemand employait de nombreux mots et expressions en français - plus ou moins germanisé •• eingedeutscht •• - et souvent avec un sens différent du français, comme le montre l'expression du jour.

En effet, "rentrer bredouille" signifie aujourd'hui en français "revenir sans avoir obtenu ce qu'on souhaitait ••
unverrichteter Dinge zurückkehren;
nichts erreicht haben, leer ausgehen
••
", avoir échoué •• scheitern •• dans une entreprise.


L'expression remonte loin dans le temps et elle vient du domaine du jeu. Du XIIe siècle au XIXe, le trictrac était très répandu. Il se jouait à deux personnes sur un "tablier" (Spielbrett et pas Schürze) semblable à celui du backgammon. Chaque joueur avait deux dés et quinze "dames" •• (Spiel)Stein •• . "Jouer bredouille", c'était gagner tous les coups sans en laisser un seul à son adversaire, faire un grand chelem •• alle Stiche machen ••   en quelque sorte. Le perdant, lui, était "mis en bredouille".


L'expression a ensuite désigné la situation embarrassante de la femme qui revenait du bal sans avoir été invitée à danser : elle avait donc "fait tapisserie" (das Mauerblümchen sein, beim Tanz sitzenbleiben). Elle revenait au logis sans avoir réussi à "dénicher •• auftreiben, aufgabeln, ergattern •• " ou "pêcher" un cavalier •• Tanzpartner •• .


Au XIXe siècle, la locution "rentrer bredouille" s'applique au pêcheur qui retourne chez lui sans avoir attrapé de poisson ou au chasseur qui revient - honteux et confus •• pour une personne : verlegen, beschämt
(et pas "konfus, verwirrt)
••
- sans gibier •• Wild •• , autrement dit "les mains vides" - ou plus exactement "la gibecière •• Jagdtasche •• vide".


Il semblerait - mais les étymologistes sont divisés à ce sujet - que le substantif "bredouille" ait bel et bien •• sehr wohl, tatsächlich •• subi l'attraction du verbe bredouiller (2), par analogie entre la gêne •• Verlegenheit, Unbehagen •• - ou honte - éprouvée d'une part par le perdant au jeu du trictrac ou par une "Mauerblümchen", et de l'autre l'aspect embarrassé de celui qui bafouille •• undeutlich, unzusammenhängend reden, stammeln •• (3).


Si "in der Bredouille sein / geraten" et "revenir bredouille" n'ont pas le même sens, ces deux situations embarrassantes ne s'excluent cependant pas l'une l'autre.


Les Verts reviennent bredouilles d'une réunion avec leurs collègues de l'ÖVP : ils se retrouvent dans le pétrin - "in der Bredouille" - dans une situation embarrassante, car ils n'ont pas obtenu satisfaction. Leurs demandes n'ont pas été prises en considération •• berücksichtigen, beachten •• .

Ensuite, devant les caméras, le vice-chancelier (Verts) bredouille quelques explications embrouillées •• konfus, verworren, wirr •• qui ne convainquent •• convaincre : überzeugen •• personne... ou plutôt si ! La plupart des observateurs sont désormais •• nunmehr, von nun an •• convaincus que le torchon •• Geschirrtuch /
ici : "torchon" vient de "torche" : Fackel
••
brûle
entre les deux partis de la coalition. Der Haussegen hängt schief, immer schiefer... et rien n'échappe à la loi de la pesanteur (Schwerkraft) !

 

     Pour être au courant


1a- être dans le pétrin
: correspond à "in der Patsche, Tinte, Klemme sitzen".
Cette métaphore date du XVIIIe siècle et se rapporte au pétrin du boulanger (à l'origine, un coffre de bois dans lequel on pétrissait •• kneten •• la pâte à pain) : cette pâte crue est si collante qu'on a du mal à s'en débarrasser •• sich entledigen, loswerden •• , une situation qui rappelle celle de celui qui est "in der Bredouille", dans l'embarras.

1b- On dit également être dans de beaux draps : mais ces draps •• Tuch / Betttuch •• -là ne sont ni des draps de lit, ni des draps mortuaires (cette deuxième interprétation aurait pu expliquer l'idée de situation sans issue...).
Le mot "drap" désignait autrefois les vêtements, et l'expression "être dans de beaux draps blancs" se réfère à une coutume expiatoire •• Sühne…, Buße… •• : les personnes (prétendues ou vraiment) coupables de luxure •• Unkeuschheit, Unzucht •• - en particulier d'adultère •• Ehebruch •• - étaient condamnées à être exposées, habillées de blanc (pour mieux faire ressortir la "noirceur •• Niedertracht, Schändlichkeit •• " de leur âme et de leur conduite...). Elles étaient alors en butte a •• ausgesetzt •• ux critiques et aux moqueries. Cette version édulcorée •• entschärft •• du pilori •• Pranger, Schandpfahl •• restait néanmoins assez embarrassante.

Au XXe siècle, alors que l'expression avait été amputée de l'adjectif "blanc" et que son origine était oubliée, est apparue la variante "être dans de sales draps" qui, bien qu'utilisant une image totalement opposée, possède exactement le même sens que "être dans de beaux draps".

 

2- bredouiller vient de l'ancien français bredeler (verbe du même sens) qui dérive peut-être de "breter" (parler comme un Breton, c'est-à-dire de manière incompréhensible pour un Français). Il se peut également qu'il possède la même racine germanique que l'allemand bradeln / braudeln (= plaudern : bavarder), lui-même apparenté à blatérer (du latin blatero : bavarder, babiller), à moins qu'il ait un rapport avec le verbe braire (iahen, schreien)...

 

3- -ouille ! La plupart des mots terminés par -ouille / -ouiller possèdent une connotation péjorative : de "trouille •• Bammel, Schiss •• " à "rouille" en passant par "embrouille •• Verwirrspiel •• ", fripouille •• Lump •• , "tambouille •• Fraß •• ", "vadrouiller •• herumstrolchen •• ", "grouiller •• wimmeln •• ", se grouiller •• sich tummeln •• , embrouiller, bafouiller, bredouiller...

 

 

 

 

café

ou

tabac ?

 

c'est un peu FORT de CAFÉ !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pipe de la fin du XIXe siècle (fabriquée à Munich)

Attention à l'abus de "substances psycho-actives" ! En font partie, le café et le tabac, surtout quand ils sont forts : un café "corsé" (1) ou "bien tassé" (2) - le tabac brun, "fort en bouche •• kräftig am Gaumen •• "...


«Vacciner à Pâques ? 'Encore faut-il •• allerdings muss man… •• qu’on ait les doses'

Olivier Véran [ministre de la Santé] s’indigne qu’un centre de vaccination strasbourgeois [n'ouvre] pas le week-end de Pâques, braquant •• braquer qn : jn erzürnen, jn gegen jn aufbringen •• les intéressés •• die Beteiligten, Betroffenen •• qui lui rappellent qu’ils n’ont pas assez de doses pour le faire. [Alexandre Feltz, adjoint au maire de Strasbourg] trouve donc la polémique 'un peu fort de café et inutile'.» (article du 23 mars 2021)


L'expression "être (un peu) fort de café" dérive, bien entendu, de la boisson aux propriétés •• Eigenschaft •• stimulantes. Elle est employée dans le sens de "c'est exagéré, c'est insupportable" et exprime donc l'indignation = das ist unerhört / allerhand / das ist die Höhe / ein starkes Stück!

L'élu •• Mandatar, Kommunalpolitiker •• strasbourgeois juge scandaleuse - et hypocrite - l'attitude du ministre de la Santé qui, au lieu de reconnaître que le problème vient de la pénurie •• Knappheit, Unterversorgung •• de vaccins, accuse les responsables locaux de ne pas vouloir vacciner le week-end de Pâques.


L'expression métaphorique "fort de café" n'est attestée en français qu'au milieu du XIXe siècle, mais le café est connu en Europe depuis le milieu du XVIIe siècle. Après ceux de Venise, d'Oxford et de Londres, un café (l'établissement •• Betrieb, Lokal •• ) est ouvert à Paris en 1672, près du Pont-Neuf (3).
Si la France n'est pas le premier pays d'Europe à avoir adopté la nouvelle boisson, c'est néanmoins à Paris qu'a été inventé un nouveau procédé de préparation du café. La décoction "à la turque" est remplacée par la percolation : l'eau chaude est versée sur le café moulu contenu dans un filtre (4). Le résultat ainsi obtenu est en général moins "fort de café" (mais cela dépend bien entendu aussi du dosage...) (5)


L'allemand a choisi une autre substance psycho-active pour exprimer la même idée : "das ist ein starker Tobak" est l'équivalent de "c'est un peu fort de café".

La graphie "Tobak" (avec un "o" au lieu du "a" utilisé aujourd'hui) indique que l'expression est assez ancienne : l'usage du tabac en Europe est d'ailleurs antérieur •• älter als, vor etw. liegen •• de presque deux siècles à celui du café.


C'est encore sous la forme "Tobak" (6) que le mot apparaît dans le 4ème (mauvais •• mauvais tour : (schlechter, böser) Streich •• ) "tour" de Max et Moritz,  deux vilains garnements •• Schlingel, Lausbub •• imaginés par Wilhelm Busch (histoire parue en 1865). Leur victime est cette fois-ci le maître d'école, Lempel qui a un faible •• Schwäche •• pour le tabac : "Nun war dieser brave Lehrer / Von dem Tobak ein Verehrer".

Les deux polissons •• Schlingel, Racker •• bourrent •• stopfen, füllen •• sa pipe de poudre à fusil •• Schießpulver •• . La pipe explose dès que Herr Lempel l'allume. L'instituteur survit à cette mésaventure •• MIßgeschick •• , mais la pipe est en miettes •• in Scherben liegen •• .


Les illustrations de "Max und Moritz" montrent qu'à cette époque-là les pipes possédaient un très long tuyau•• (Pfeifen)Rohr ••    : leur forme évoquait •• an etw. erinnern •• plus le calumet •• Kalumet ← de calamus (lat.), le roseau / Schilfrohr •• des Indiens que les pipes modernes.


C'est peut-être cet aspect qui a inspiré le récit suivant •• Es geschah in der Zeit, da die Schießprügel noch sehr selten waren.
Da ging einmal ein Jäger seines Weges, die Büchse über die Schulter gelegt.
Dem begegnete plötzlich der Teufel, was einen Menschen seines Schlages
wenig verwunderte und erst recht nicht ängstigte.
Der neugierige Höllenfürst grüßte den Jäger freundlich und fragte:
"Was trägst du da für ein seltsames Ding auf der Schulter?"
"Es ist eine neuartige Tobakspfeife", antwortete der Jäger.
"Wollen Eure teuflische Gnaden mal einen Zug daraus versuchen?"
"Ei gewiss doch!" Da nahm der Jäger das Gewehr von der Schulter,
steckte dessen Mündung dem Teufel in den Mund und drückte ab.
"Teufel auch", sagte der Teufel, doch dann musste er gewaltig niesen
und stöhnte: "Das ist aber ein starker Tobak!"
••
(publié au XVIIIe siècle), qui est à l'origine de l'expression "das ist (ein) starker Tobak".

Comment un chasseur a réussi à "enfumer •• reinlegen •• " (reinlegen) le diable.
Un jour, un chasseur, armé de son fusil, croise •• jm begegnen •• le chemin du diable. Celui-ci qui, apparemment, n'a jamais vu ce genre d'arme, lui demande de quoi il s'agit. Le chasseur lui déclare que c'est sa pipe et lui propose d'en tirer une bouffée •• einen Zug nehmen •• . Dès que le diable a introduit l'extrémité du canon du fusil •• Gewehrlauf •• dans sa bouche, le chasseur fait feu •• schießen •• . Le diable hurle : "Das ist starker Tobak!"


On retrouve l'expression dans un article en ligne de n-tv.de (en date du 17/03/21) : "Österreich droht ein akuter Mangel an Impfstoff. Kanzler Kurz macht dafür die Verteilpraxis in der EU verantwortlich (…). Das ist harter Tobak. Denn Österreichs Regierung hatte den Verteilschlüssel seinerzeit mit beschlossen."

Face à la menace de pénurie de vaccins, le chancelier autrichien réclame à Bruxelles "un correctif" du mécanisme européen de répartition des vaccins contre le Covid-19, qu'il juge inéquitable •• ungerecht •• . La plupart des autres membres de l'UE réagissent avec indignation, rappelant que l'Autriche avait entériné •• billigen, anerkennen •• le principe de répartition.

 

     Pour être au courant


1- l'adjectif "corsé" n'a rien à voir avec la Corse ni avec le corsaire : il est apparenté à "corset" et "corsage •• Oberteil, Bluse •• " et dérive de "corps".
Un café "corsé" a du "corps", expression qui signifie "être fort, robuste".


2- "tassé" (fort, intense, corsé) vient du verbe "tasser" (comprimer •• zusammenpressen •• ), et un café "bien tassé •• sehr stark •• " n'a rien à voir avec la tasse qui le contient (mot qui vient du persan tašt (tasse, soucoupe) → arabe : ṭāsa → provençal et/ou italien : tassa → français : tasse, attesté vers 1360).


3- Paris découvre le café
: c'est en 1669, avec l'arrivée de Soliman Aga, un diplomate turc), que va être lancée la mode de la consommation du café en France. Ce personnage donne de somptueuses •• prächtig •• réceptions dans son appartement parisien où il sert cette boisson "exotique". Il sera ridiculisé par Molière dans le "Bourgeois gentilhomme" - à travers le personnage du Mamouchi - pour, paraît-il •• angeblich •• , venger •• rächen •• Louis XIV humilié •• demütigen •• par Soliman Aga.


4- Ce filtre est alors appelé "chausse à filtrer" ou "chausse d'Hippocrate" : c'est un entonnoir •• Trichter •• de tissu cerclé •• einfassen •• de fer qui servait depuis l'Antiquité à filtrer les liquides épais. C'est de la que vient l'expression "c'est du jus de chaussette" qui qualifie un mauvais café, un café trop clair •• dünn •• - autrement dit un "Blümchenkaffee", appelé aussi,  et moins poétiquement, "pipi de chat".


5- L'orthographe du mot "café" n'est pas encore vraiment fixée au XVIIe siècle : cauueh rappelle la forme turque gahve, elle-même empruntée à l'arabe gahwa. C'est finalement la forme café, dérivée de caffè, (attesté à Venise en 1615) qui s'impose en français.

Quant au mot  "caoua", variante populaire du café, il est emprunté à l'arabe d'Algérie dans les années 1860.

 

6- L'étymologie du mot "tabac" est controversée :

- 1ère hypothèse : le mot vient de l'arawak (langue autrefois parlée à Cuba et à Haïti) avec le sens "tabac" mais aussi de "cigare" ou même de "pipe à double tuyau".

- 2ème hypothèse : tabac vient de l'arabe "tubbaq" qui désignait différentes plantes médicinales. Le mot a ensuite été utilisé par les premiers colons espagnols en Amérique qui ont confondu •• verwechseln •• le piment et le tabac.

Quoi qu'il en soit - et si bizarre que cela puisse paraître aujourd'hui - le tabac a tout d'abord été utilisé à des fins •• zu… Zwecken •• thérapeutiques.
Jean Nicot (qui était ambassadeur de France au Portugal au milieu du XVIe siècle) en a envoyé à Catherine de Médicis pour guérir son fils François II qui souffrait de migraines (*). D'ailleurs, comme toutes les autres "drogues" (au sens ancien du terme), le tabac a longtemps été vendu seulement par les apothicaires. Il était prescrit •• verschreiben •• en tisanes, décoctions ou bien il était prisé •• tabac à priser : Schnupftabak •• . Il ne sera consommé sous la forme de cigarettes qu'à partir de la seconde moitié du XIXe siècle.

C'est en hommage à •• zu Ehren… •• cet ambassadeur qu'ont été créés les termes "nicotine" et "herbe à Nicot" - synonyme de tabac - et la formule percutante •• plakativ •• "Herbe à Nicot, herbe à tous les maux •• Beschwerde •• " (c'est-à-dire efficace contre toutes les douleurs et maladies).


*- Les "vertus •• Heilkraft •• "
du tabac. On ne sait pas si cette cure de tabac a obtenu l'effet souhaité... toujours est-il que •• fest steht allerdings, jedenfalls, dass… •• François II est mort à l'âge de 16 ans après avoir régné à peine plus d'un an.

 

 

 

 

 

coup de
CANIF

dans le contrat

"Vaccins : des recours juridiques •• Rechtsmittel •• contre AstraZeneca sont possibles, menace le gouvernement.

Clément Beaune [secrétaire d’État chargé des Affaires européennes] a dénoncé •• anprangern •• les "coups de canif" dans le contrat signé entre l’Europe et la firme anglo-suédoise (...) qui a annoncé récemment un nouveau retard de livraison •• Lieferverzug •• de son vaccin." (article)


"Donner un coup de canif dans le contrat", c’est tromper son conjoint, commettre une commettre une infidélité conjugale •• fremdgehen, einen Seitensprung machen •• : le document dont il est question à l'origine est donc le contrat de mariage

L'expression a refait surface •• wieder auftauchen •• dans la presse au moment du feuilleton du Brexit, et du "divorce à l'européenne" entre l'UE et le Royaume-Uni.


L'expression est cependant utilisée ici dans un sens plus large : donner un coup de canif dans le contrat signifie ne pas respecter les obligations de l'accord •• sich an den Vereinbarungen halten •• (en l'occurrence •• im vorliegenden Fall •• en ne livrant pas les quantités de vaccin promises) sans pour autant •• ohne deshalb zu •• le remettre entièrement en cause •• remettre en cause : in Frage stellen, hinterfragen •• . La métaphore du "coup de canif" indique la déchirure du document sur lequel sont fixés les termes de la convention.


Aujourd’hui, le mot canif évoque •• hinweisen auf •• un petit couteau de poche qui, comme le modèle dit "suisse", peut comporter plusieurs lames repliables •• faltbare Klinge •• et d’autres accessoires comme un tire-bouchon •• Korkenzieher •• ou un tournevis •• Schraubenzieher •• (1). A l’origine, c’était une simple lame de fer qui servait par exemple à tailler les plumes (2) destinées à l’écriture ou à gratter le parchemin pour y faire des corrections.


Vous avez sûrement remarqué la similitude •• Ähnlichkeit •• entre le canif français et l’anglais "knife" (qui désigne un couteau "normal") : ces deux mots dérivent de l'ancien bas francique "knif" qui a également donné le nordique knifr.

Il est à noter que, dans les formes romanes, une voyelle ("e" ou "a") est venue s’intercaler •• einschieben, einfügen •• entre le "k" et le "n", association de consonnes difficile à prononcer pour les locuteurs de ces langues : le mot est attesté d'abord sous la forme "quenif" puis "canif" en français, "canivet" en portugais, "ganivet" en catalan.


Oui, et en allemand, me direz-vous ? Là aussi, on trouve une forme dérivée de "knif", à savoir Kneif, appelé également Schuster- ou Sattlermesser (littéralement "couteau de sellier"). En français, c’est un tranchet, une lame d’acier, à l'origine sans manche, utilisée par différents artisans (cordonnier •• Schuster •• , bourrelier •• synonyme de sellier :Sattler •• , corroyeur •• Lederer •• ...) pour couper le cuir.

A priori, un "coup de canif" occasionne une blessure moins grave, plus superficielle qu'un coup de couteau ou de poignard. Une simple égratignure •• Kratzer, Schramme •• . Mais la situation pourrait dégénérer •• eskalieren, ausarten •• si quelqu'un s'avisait de •• auf den Gedanken kommen •• "remuer le couteau dans la plaie •• Salz auf die Wunde streuen •• ", auquel cas •• in welchem Fall •• les parties en présence •• die streitenden Parteien •• risqueraient bien de se retrouver "à couteaux tirés •• spinnefeind •• " et avec "le couteau sous la gorge •• das Messer an der Kehle •• "...

 

     Pour être au courant


1- tire-bouchon et tournevis : Korkenzieher, Schraubenzieher. Dans ce domaine "technique", il semblerait que le français soit plus précis : dans les deux langues, on "tire" le bouchon, mais on fait "tourner" la vis en français, tandis qu'on la "tire" en allemand.
Il paraît cependant que le terme Schraubenzieher a été remplacé (dans les normes officielles) par Schraubendreher! (article)

2- le canif, à l'origine simple lame utilisée pour tailler les plumes, est appelé "cortaplumas" (itt. "coupe-plumes") en espagnol, "tallaplomes" en catalan, "tagliapenna" en italien, et "Federmesser" en allemand.

 

 

 

le
CROUPIER,

la
CROUPIÈRE

et le petit
CROUPION
...

 

 

 

 

 

 

En 2019, dans son "Rapport sur la féminisation des noms de métier et de fonction", l'Académie Française a fini par accepter "croupière" comme féminin de "croupier",

Si la "Gardienne •• Hüterin •• de la langue française" a hésité si longtemps à adopter cette forme, c'est probablement en raison de la connotation - éventuellement - péjorative et donc discriminatoire, voire sexiste, du terme.


Un "croupier" est aujourd'hui "l'employé d'un établissement de jeu, d'un casino, qui veille au •• dafür sorgen, darauf achten •• déroulement •• Ablauf, Verlauf •• normal des parties, reçoit les enjeux •• Einsatz •• et paie les gagnants" (cnrtl.fr). Le mot est si répandu dans le monde entier (avec une orthographe et une prononciation qui - bien sûr - diffèrent •• voneinander abweichen •• selon les langues (1)) que l'on ne s'interroge guère sur son origine étymologique.

Croupier vient bel et bien de croupe •• Hinterteil •• , mot qui, depuis le XIIe siècle, désigne la partie postérieure de certains animaux (tout comme Kruppe, emprunté au français au XVIIIe siècle). On l'utilise également - familièrement et "plaisamment •• scherzhaft •• " (mais cela dépend pour qui...) - pour désigner le postérieur •• Po, Hinterteil, Gesäß •• d'une femme. On comprend donc mieux les hésitations des Immortels •• (nom des 40 membres de l'Académie Française –
litt. die Unsterblichen
••
à adopter le féminin "croupière".


Comment est-on passé du derrière de l'animal à l'employé du casino ?

A l'origine, le croupier, c'est celui qui monte en croupe, c'est-à-dire qui s'assied derrière la selle •• Sattel •• du cavalier et se trouve donc sur la croupe de l'animal. "Prendre qn en croupe •• jn hinten aufsitzen lassen •• ", c'est donc l'accepter comme compagnon de chevauchée •• Ritt •• .

C'est ainsi que, par un glissement de sens •• Bedeutungsverschiebung •• , le "croupier" en vient à désigner un associé •• Teilhaber, Sozius •• puis "celui qui, à certains jeux, est associé à un autre joueur [se tenant derrière lui]" et, à la fin du XVIIIe siècle, "celui qui, dans une maison de jeux, dirige les parties" (définitions du CNRTL).


Mais le mot croupière était entré dans la langue française bien avant que l'Académie Française ne l'accepte comme féminin de croupier.

C'est - aujourd'hui encore - la partie du harnais •• Geschirr •• qui passe par-dessous la queue du cheval (ou d'un autre animal de monte •• Reittier •• ou de bât •• Packsattel •• ) et qui, fixée aux deux côtés la selle, l'empêche de bouger et assure donc une meilleure "assiette •• avoir une bonne assiette : gut im Sattel, zu Pferd sitzen •• " au cavalier.

Que se passait-il lorsque la lanière de la croupière •• Schwanzriemen •• lâchait •• reißen •• ? Le cavalier risquait fort de tomber de sa monture •• Reittier •• . La rupture de la croupière n'était pas toujours due à l'usure •• Abnutzung •• ou à un malencontreux •• unglücklich, ärgerlich, leidig •• accident : c'est ce que nous rappelle l'expression "tailler des croupières à qn" - qui est utilisée aujourd'hui seulement au sens figuré de " créer des obstacles, occasionner •• bereiten, verursachen •• des difficultés à qn, compliquer la réussite d'une entreprise".

Nous apprenons ainsi que "la bataille des capteurs d’image Cmos de smartphones monte d'un cran •• sich verschärfen, eine höhere Stufe erreichen •• . (...) L’ambition de Samsung Electronics et OmniVision Technologies est claire : continuer de tailler des croupières à Sony, qui domine allègrement •• munter, lässig •• le marché mondial." (article)

Au sens propre, "tailler des croupières" à un adversaire, c'était s'approcher suffisamment près de lui pour pouvoir "tailler", c'est-à-dire trancher (à l'épée pour les chevaliers •• chevalier : Ritter / cavalier : Reiter •• ) la croupière de sa monture et lui faire "vider les étriers •• aus dem Sattel (litt. : Steibügel) fallen •• ".

Que l'expression soit utilisée au sens propre ou au sens figuré, l'objectif reste le même : l'emporter sur •• über jn siegen, jn übertreffen, jn ausschalten •• un concurrent en utilisant tous les moyens possibles, même les plus déloyaux •• unlauter •• .

 

 

     Pour être au courant


1- croupier
(en français, anglais, néerlandais, suédois, italien), Croupier (allemand), crupier (espagnol, roumain), crupiê (portugais), krupier (polonais), kruppieri (finnois)...

2- croupe vient du francique "kruppa" qui a le sens général de "rondeur" et qui désigne aussi bien la partie rebondie du derrière de l'animal qu'un sommet de montagne ou de colline de forme arrondie (Bergkuppe).

En dérive également le mot Kropf, qui désigne le jabot d'un oiseau ou un goitre, donc des éléments anatomiques présentant un renflement (mais situés sur la face antérieure de l'animal ou de la personne).

La "croupe" des oiseaux - c'est-à-dire la partie de leur corps correspondant aux dernières vertèbres •• Wirbel •• et portant les plumes de la queue - est appelée croupion. En allemand, c'est le Bürzel, appelé familièrement "Bischof" (nous aurons peut-être l'occasion de revenir sur •• (auf ein Thema) zurückkommen •• cette étonnante dénomination...)

3- Parmi les équivalents de l'expression "tailler des croupières à qn", rappelons "mettre des bâtons dans les roues" (de celui qui voyageait, non plus à cheval mais dans un véhicule monté sur roues) qui correspond à l'allemand "jm Knüppel zwischen die Beine werfen" ou "jm Hindernisse / Steine in den Weg legen".

 

 

 

 

SAUGRENU

 

Sel,

eau-de-vie

et

cerveau fêlé

 

"Annuler la dette ? "Une idée saugrenue"

Certains économistes préconisent d’annuler la dette publique, notamment celle détenue par la Banque centrale européenne. Anthony Requin, le directeur général de l’Agence France Trésor, juge cette idée contre-productive." (article)


Une idée saugrenue, c'est en allemand ein verrückter Einfall : une pensée, une proposition inattendue qui surprend par sa bizarrerie. En l'occurrence, Anthony Requin (1) considère la proposition d'annulation de la dette publique comme une idée absurde, ridicule.

L'adjectif a aujourd'hui une connotation plutôt péjorative : ce qui est saugrenu est extravagant (littéralement : "déviant", "errant" en dehors des "voies normales"), ou même stupide, conçu par un esprit déraisonnable.

Pourtant, à l'origine (au XVIe siècle), le terme, composé de "sau" (2), forme dialectale de "sel", et de "grain", possède un sens positif. Il définit ce qui est "piquant", amusant, ce qui possède le fameux "grain de sel", ce trait d'esprit qui "assaisonne" ou "pimente" des paroles ou des écrits - qui sans lui seraient insipides.


Cette idée "crazy" - comme on dit en globish - peut être également qualifiée de "loufoque", un mot qui n'a rien à voir ni avec le loup, ni avec le phoque, mais qui est tout simplement une déformation de l'adjectif "fou" en largonji (3), une forme d'argot née au XVIIIe siècle et particulièrement utilisée chez les bouchers.

"Loufoque" a été popularisé au XXe siècle par l'humoriste Pierre Dac, autoproclamé "roi des loufoques" et... fils de boucher. Il n'est cependant pas l'inventeur du mot.


Parmi les équivalents allemands, on trouve
• "hirnrissige Idee" : qui ne peut avoir été conçue que dans un cerveau "fêlé", ou
• "hirnverbrannte Idee" : qui correspond à l'anglais "harebrained Idea", c'est-à-dire imaginée par un "cerveau brûlé" (4)


Cette idée saugrenue se dit aussi "Schnapsidee", un terme tout aussi péjoratif.
On s'éloigne là du domaine de la boucherie et des salaisons pour aborder la sphère des spiritueux (sans pourtant quitter celle de l'esprit puisque le mot "spiritueux" vient, lui aussi, de "spiritus", Geist und Alkohol).

L'expression suggère que cette idée bizarroïde est née dans l'esprit d'une personne au cerveau embrumé par la consommation d'eau-de-vie (ou d'un autre alcool) : une idée qui peut paraître géniale sur le moment mais qui se révèle souvent absurde lorsque la personne en question a repris ses esprits après s'être débarrassée de sa "gueule de bois".


Alors, l'annulation de la dette dite "Covid" est-elle une idée bienvenue ou saugrenue ? Qui vivra verra...

 

 

     Pour être au courant


1- Requin
, un nom lourd à porter... Le requin, grand poisson de mer, vorace et redoutable, aux mâchoires puissantes, a la réputation d'être un 'mangeur d'hommes'. C'est de la réputation de voracité et de brutalité de ce poisson carnassier que découle le sens figuré de "requin" : personne cupide, sans scrupules et impitoyable en affaires. 

La métaphore, attestée en français dès 1790, est reprise dans différentes langues : "requin de la finance" correspond à l'allemand "Finanzhai" (avec les variantes Kredithai et Finanzhyäne), à l'anglais "financial shark", à l'italien "squalo finanziario", à l'espagnol "tiburón financiero", etc.


2- Différents autres mots sont formés à partir du radical "sau" qui n'a rien à voir avec "Sau", la truie en allemand, même si les "cochonailles" (produits à base de viande de porc) comme "saucisse" et "saucisson"  font partie de cette famille, tout comme "saumure", "saupiquet" ou "saupoudrer", qui signifie donc parsemer de sel. La forme courante "saupoudrer de sucre" est donc, étymologiquement, fautive.


3-
L'expression "cerveau brûlé / tête brûlée", à l'origine de l'allemand "hirnverbrannt", possède aujourd'hui un sens un peu différent, à savoir : exalté, qui recherche le risque, casse-cou (mais "casse-cou" rime avec "fou"...)


4- Le largonji est un procédé utilisé en argot au XVIIIe siècle : il consiste à déformer un mot - pour le rendre plus difficilement compréhensible - en remplaçant la consonne initiale de sa première syllabe (ou de la deuxième si le mot commence par une voyelle) par la lettre "l", puis à la restituer à la fin du mot et à la faire suivre d'un suffixe de son choix (-é, -em, -ès, -i, -ic, -oc, -uche...)

Exemples :                               • jargon → LargonJi
• merci → LerciMuche            • boucher → LoucherBem        
• café → LaféQUès                 • en douce → en LouceDé

 

 

 

 

PÉNURIE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"La stratégie de multiplication des tests pour contenir •• in Schach halten •• la pandémie de Covid-19 pourrait être contrariée •• zunichte machen, durchkreuzen •• par une pénurie inattendue : celle de matières plastiques indispensables à la conservation, au transport et à l'analyse des prélèvements •• Probenentnahme •• ." (article)

 

Il y a un an (déjà...) on craignait une pénurie de papier hygiénique, on souffrait cruellement •• bitter, stark •• d'une pénurie de masques. Désormais, c'est la pénurie de vaccins qui menace •• gefährden •• le "retour à la normale".

A cela vient s'ajouter la pénurie de plastique, matériau dont la consommation a bondi •• sprunghaft ansteigen •• ces derniers mois : c'est en effet un composant essentiel des masques FFP2, des surblouses •• Einwegkittel •• et des gants utilisés à l'hôpital, du matériel nécessaire aux tests, des seringues •• Spritze •• ...


C'est donc la forte augmentation de la demande •• Nachfrage •• qui est à l'origine de la pénurie de plastique. Mais quelle est l'origine étymologique du mot "pénurie" ?

Le mot est attesté en français au XVe siècle dans le sens de "pauvreté, misère, indigence •• Armut, Mittellosigkeit •• ". A cette époque-là, ces termes sont le plus souvent synonymes de manque de nourriture.

Et cela annonce le sens que prend le mot "pénurie" au XVIIIe siècle : d'abord "défaut d'approvisionnement •• Versorgungsengpass •• d'un magasin de l'Etat" puis, sous la Révolution, "manque d'une chose nécessaire".


Les Romains de l'antiquité ont naturellement aussi connu des problèmes d'approvisionnement, la disette •• Mangel an Nahrungsmitteln •• , le manque de vivres •• (Grund)Nahrungsmittel ••, ce qu'ils appelaient "penuria". Le terme est dérivé de penus qui désigne d'abord l'endroit le plus reculé •• entlegen, abgeschieden •• de la maison, là où sont cachées les provisions, à l'abri de •• geschützt vor, sicher vor etw. sein •• s prédateurs •• Räuber •• (qu'ils soient humains ou animaux). Le mot a fini par désigner les vivres eux-mêmes.

L'adverbe "penite" (profondément), le verbe "penetrare" (pénétrer, aller jusqu'au fond) sont également dérivés de "penus". Plus étonnant encore, les Pénates font aussi partie de cette "famille" : ce sont les dieux romains protecteurs du foyer •• Feuerstelle + Haushalt, Heim •• et du garde-manger •• Vorratskammer •• . Ils sont censés •• être censé faire qc : eigentlich tun sollen •• protéger les habitants de la maison contre le manque de vivres, contre la pénurie.

 

Vous vous demandez peut-être si ces Pénates / Penaten ont un rapport quelconque avec la marque allemande de produits de soins •• Pflegeprodukte •• , dont le plus connu est la Penaten Creme, inventée en 1904 par le droguiste allemand Max Riese, et utilisée depuis pour soigner •• pflegen •• et protéger la peau des fesses •• Hintern, Popo •• des bébés !

Je me suis aussi posé la question et, pan, en plein dans le mille •• ins Schwarze getroffen •• (1a), le nom de la marque est bel et bien inspiré des divinités tutélaires •• Schutzgottheit •• des Romains.


C'est l'épouse de Max Riese qui, passionnée d'histoire romaine, a eu l'idée de baptiser •• nennen / taufen •• Penaten cette crème protectrice.

Et quel était le nom de jeune fille d'Elisabeth Riese ? Je vous le donne en mille  •• ich wette hundert zu eins, dass Sie ist nicht erraten… (oder doch?) ••  ! (1b) C'était une demoiselle Knapp ! Curieuse coïncidence qui nous ramène à la pénurie (Knappheit). La boucle est bouclée •• boucler la boucle : den Kreis schließen •• !

 

     Pour être au courant


1a - "Pan, dans le mille"
= (toucher, mettre) en plein dans le mille, c'est tomber, deviner juste. Dans certains jeux, le "mille", c'est le centre de la cible, la case qui rapporte 1000 points.

1b- "Je vous le donne en mille" : expression utilisée pour défier •• jn herausfordern, mit jm wetten •• qn de deviner qc. C'est l'équivalent de "Je parie (à mille contre un) que vous ne devinerez pas".

1c- J'étais "à mille lieues de" penser que le nom de la marque Penaten avait vraiment un rapport avec les dieux romains. (meilenweit davon entfernt sein)

1d - La population modeste, qui était loin de "gagner des mille et des cents", consacrait la plus grande partie de ses revenus à acheter des vivres.    (keine) Unsummen verdienen)             

1e- Et, comme "une image vaut mille mots", voici la photo d'une seringue en plastique dans une main gantée de plastique...  Denn ein Bild sagt mehr als tausend Worte


(piqûre de) RAPPEL
"mille" (= 1000) reste invariable (trois mille rouleaux de papier).

"mille" (unité de mesure pour les distances aériennes et maritimes) prend un "s" au pluriel (une marée noire s'est produite à dix milles au large de X.)

 

 

 

 

Carême

et

diplomatie

 

Ou comment faire mentir le dicton "Nomen est omen"

En 2021, le Carême •• Fastenzeit •• a commencé le 17 février (Mercredi des Cendres •• Aschermittwoch •• , lendemain •• Tag nach •• de Mardi Gras) et se terminera le 3 avril (samedi de la Semaine sainte, veille •• Tag vor •• de Pâques). (1)


Mais savez-vous d'où vient le nom de cette période de jeûne •• Fasten •• et d'abstinence •• Enthaltsamkeit, Abstinenz •• observée •• einhalten, sich halten an •• par les chrétiens ?

"Carême" est dérivé du latin vulgaire "quaresima", altération de "quadregesima" [sous-entendu "dies"] et signifie donc littéralement "quarantième jour" [avant Pâques].

Cette "quarantaine" (alimentaire et pas sanitaire...) se réfère •• sich beziehen auf, verweisen auf •• aux quarante jours de jeûne de Jésus-Christ dans le désert. (2)

 

Curieusement, Carême est le patronyme d'un cuisinier français réputé de la 1ère moitié du XIXe siècle, surnommé "le roi des chefs et le chef des rois", et le premier à porter cette appellation de "chef •• Chefkoch, Küchenchef •• ". La petite histoire prétend que c'est lui qui aurait inventé la "toque •• Kochmütze, Toque •• " lors de son séjour à Vienne.


Il a exercé ses talents de pâtissier et de cuisinier dans toutes les cours d'Europe :
Napoléon Bonaparte, bien qu'indifférent à la nourriture, avait compris que la haute cuisine "à la française" était un atout •• Trumpf, Vorteil •• dans les relations diplomatiques. C'est pourquoi, en 1803, alors qu'il est Premier Consul, il finance l'achat du château de Valençay (Indre) pour Talleyrand, "Ministre des Relations extérieures" de l'époque. Antonin Carême entre au service du diplomate comme chef des cuisines de ce château qui ne tarde pas à devenir un lieu incontournable de rendez-vous diplomatiques.


Carême a été successivement au service du prince régent anglais, futur George IV, du tsar Alexandre 1er et de l'empereur d'Autriche François 1er.


Pendant le Congrès de Vienne, il est chef-cuisinier (3) de Talleyrand, alors ministre des Affaires étrangères de Louis XVIII, et installé au Palais Kaunitz. Le diplomate tient une table •• Tafel •• fastueuse •• prächtig •• , et ses salons voient défiler •• sich die Tür in die Hand geben •• des personnages illustres : princes, ministres et ambassadeurs de différentes nationalités.

Il demande alors à Antonin Carême de créer un plat qui conviendrait à tous ses invités et qui pourrait se déguster à toute heure de la journée. Le chef-cuisinier imagine un dessert qui ne va pas tarder •• bald etw. tun •• à faire fureur,  baptisé le "diplomate". Cette pâtisserie se compose de tranches de brioche ou de génoise •• Biskuit •• , imbibées •• tränken •• de Grand Marnier (ou de Kirsch), alternées •• abwechseln •• avec des couches de crème pâtissière aux fruits confits •• kandierte Früchte •• . Le gâteau est recouvert de crème Chantilly et, cerise sur le gâteau •• Krönung, Tüpfelchen auf… •• , décoré d'un bigarreau •• Königskirsche •• confit.


Autrement dit, cette création de Carême n'a pas grand-chose à voir avec un mets •• Speise •• typique de Carême !

 

     Pour être au courant


1- Comme Pâques, fête dite "mobile" •• sogenannter beweglicher Feiertag •• , tombe au plus tôt le 22 mars (et au plus tard le 25 avril), le Carême peut commencer dès le 4 février. Dans tous les cas, une bonne partie de cette période tombe inévitablement au mois de mars.
D'où l'expression : "arriver comme mars en Carême", c'est-à-dire "arriver, se produire régulièrement et infailliblement •• unweigerlich •• ".

2- La période de Carême est également appelée "la Sainte Quarantaine". Elle rappelle également les quarante jours de jeûne de Moïse sur le Mont Sinaï.

3- Les historiens sont divisés sur la présence d'Antonin Carême à Vienne pendant cette période.

4- le substantif "Fasten(Zeit)" et le verbe "fasten" sont apparentés à l'adjectif "fest". En germanique, "fasten" était synonyme de "halten, festhalten, beachten". A partir du IXe siècle, Fasten n'a plus que le sens restreint (et toujours actuel) de "Einhalten des Fastengebots" (observance du jeûne).

 

 

 

 

ARRIVER

En Ukraine, un homme a signalé à la police qu'il venait de tuer le conjoint de sa mère. Comme les routes étaient enneigées, les forces de l'ordre ont donc embarqué à bord d’un véhicule tout-terrain pour s’assurer d’arriver à bon port. Quelle n’a pas été leur surprise quand ils ont débarqué sur les lieux du "crime" : ils ont constaté que la victime supposée était “saine et sauve et que personne ne l’avait attaquée”. L'individu souhaitait en fait que les forces de l'ordre finissent de déneiger sa route. Pour cet "appel abusif", il n'encourt qu'une amende de 3,5 euros maximum. (d'après cet article)


Certains mots ont connu une évolution sémantique si profonde que leur sens primitif est tombé dans l'oubli. C'est le cas d'arriver, verbe polysémique qui signifie aujourd'hui parvenir dans un lieu (ankommen, eintreffen), se produire (geschehen, sich ereignen), atteindre un objectif (es schaffen, fertigbekommen)...


Pourtant, son étymologie est claire : il se compose de ad + ripa (la rive en latin) et, quand il apparaît au XIe siècle, il s'emploie dans le domaine maritime avec le sens de "toucher la rive, aborder".

Cela explique l'origine de l'expression "arriver à bon port" qui signifiait "atteindre un port, un lieu sûr, après un voyage en bateau". La locution a aujourd'hui un sens plus général qui n'est plus limité aux déplacements sur l'eau : arriver à bon port, c'est atteindre son objectif sans incident, arriver à destination sain et sauf, sans encombre (wohlbehalten ankommen).


De nombreux autres mots empruntés au domaine de la navigation sont aujourd'hui employés dans un contexte tout à fait différent.
• On ne s'embarque plus seulement dans une barque, un bateau (sich einschiffen, an Bord gehen), mais également dans un véhicule comme un 4 x 4 (einsteigen) ou, au sens figuré, dans une aventure, une affaire risquée (sich auf etw. einlassen, verwickelt werden).
• De même, débarquer ne signifie plus exclusivement quitter une embarcation, aller à terre (sich ausschiffen, an Land gehen) mais aussi, au sens figuré, arriver à l'improviste (aufkreuzen (2))


On peut dire que les policiers se sont fait "mener en bateau" (3) par cet individu qui les a mystifiés. N'écoutant que leur courage, ils ont embarqué - non pas dans un bateau - mais dans leur 4 x 4 (qui a bien voulu démarrer (4) par un froid glacial) et, malgré les routes enneigées, ils sont arrivés à bon port.
Tout est bien qui finit bien : le beau-père n'a pas été poignardé, et la route a été dégagée... pour la modique somme de 3,5 euros !

 

     Pour être au courant


1- débarquer qn
signifie le forcer à quitter son poste, le congédier, le virer. Son équivalent en allemand, jn ausbooten (raus aus dem Boot!), vient du même domaine.

2- le verbe aufkreuzen (employé au sens figuré de débarquer : unerwartet eintreffen) est, lui aussi, emprunté au lexique de la navigation où il signifie "gegen den Wind segeln", c'est-à-dire tirer des bords (naviguer en zigzag - tantôt à bâbord, tantôt à tribord - pour avancer contre un fort vent de face).

3- je dois avouer à regret que l'expression "mener qn en bateau" (jn an der Nase herumführen, jn verkohlen, jm einen Bären aufbinden), si bien adaptée au sujet du jour, n'a pourtant aucun rapport avec une embarcation.
Un bateau, de l'ancien français bastel, est un instrument d'escamotage (et par extension l'escamotage lui-même) dont se servaient... les bateleurs (Gaukler) qui exécutaient des tours d'adresse sur les places publiques et dans les foires.
Il ne faut donc pas confondre les bateleurs - qui menaient leurs spectateurs en bateau en les mystifiant -, avec les bateliers - qui mènent leurs passagers en bateau, mais sur l'eau.

4- le verbe démarrer est, lui aussi, emprunté au domaine de la navigation puisqu'il signifie à l'origine "détacher ce qui est retenu par des amarres, pour appareiller, quitter le port".

 

 

 

 

Quel est le cauchemar du joueur de tennis ?

Rentrer à vélo

"Ashleigh Barty a parfaitement entamé •• beginnen, eröffnen •• son Open d’Australie : l’Australienne, numéro un mondial et tête de série n°1, s’est aisément •• mühelos, leicht •• qualifiée pour le deuxième tour, en infligeant •• infliger une défaite à qn : jm eine Niederlage zufügen •• une double "roue de bicyclette" à son adversaire, la Monténégrine •• Monténégrin, -grine : habitant/e du Monténégro •• Danka Kovinic, 82ème joueuse mondiale, en seulement 45 petites minutes de jeu." (article)

 

Rentrer à vélo : le cauchemar •• Albtraum •• des joueurs de tennis. C'est ce qui arrive après un match à sens unique •• einseitig •• .

Se prendre une double roue de bicyclette, c'est perdre un match de tennis sur le score •• Endergebnis, Spielstand •• de 6-0, 6-0, autrement dit sans avoir gagné un seul jeu. L'expression apparaît en français au milieu des années 1960.


En allemand, la comparaison se fait avec des lunettes : jm eine Brille verpassen, c'est lui infliger une défaite 6-0, 6-0.


En anglais, ce score sévère •• hart •• est appelé "Double Bagel" (1). Le Triple Bagel, c'est la punition suprême •• Höchststrafe ••, à savoir 6-0, 6-0, 6-0, dans un match en trois sets gagnants.


Pourquoi ces dénominations ? Tout simplement parce que la forme ronde du petit pain en forme d'anneau, de la roue de vélo et des verres de lunettes, rappelle celle du chiffre zéro.

 

 

     Pour être au courant


1- le mot bagel vient, par l'intermédiaire •• über •• du yiddish, de l'ancien haut allemand "boug" (anneau), lui-même dérivé de la racine indo-européenne *bheug- qui est à l'origine des verbes "beugen" et "biegen" ainsi que de différents noms d'objets de forme arrondie •• rundlich •• ou courbe •• gebogen, krumm •• comme le "Beugel" (biscuit ou croissant en forme de fer à cheval •• Hufeisen •• ).

 

 

 

 

VACCINO-
DROME


ou bien
vélodrome


ou peut-être même

HIPPODROME

Le stade Vélodrome de Marseille converti •• umfunktioniert •• en vaccinodrome ? (article)
L'OM (l'Olympique de Marseille, club de foot de la cité phocéenne) propose de mettre ses locaux à la disposition de l'ARS (Agence régionale de santé) pour accélérer la campagne de vaccination contre le Covid-19.

Scientifiques, élus de l'opposition et de la majorité, ou simples citoyens, ils sont nombreux à réclamer la création de centres de vaccination de masse dans des halls d'exposition, salles des fêtes, gymnases •• Sporthalle (et pas Gymnasium) •• , voire •• sogar •• des stades, comme dans le cas du Vélodrome de Marseille. Ils estiment que, pour gagner la course contre la montre •• Wettlauf mit der Zeit •• face au virus, il faut accélérer •• beschleunigen •• la cadence •• Tempo •• des vaccinations. (1)


Différence de stratégie, différence de lexique

Le terme vaccinodrome est apparu en 2009, pendant la pandémie de grippe H1N1. S'il est employé par la presse, il est cependant évité par les responsables politiques qui gardent un mauvais souvenir du fiasco des centres de vaccination aménagés •• einrichten •• à cette occasion.

Ce mot valise est composé de vaccin + -drome (du grec : dromos = course). Employé comme suffixe, "-drome" a donné naissance à une série de mots dont la plupart ont un rapport avec la course, la compétition : de l'aérodrome au vaccinodrome en passant - même - par le dromadaire (voir ci-dessous 2)


Dans l'espace germanophone, on parle de Impfzentrum et Impfstraße. L'emploi fréquent de guillemets avec "Impfstraße" ou l'ajout •• Zusatz •• de la mention "sogenannt" ("die sogenannten Impfstraßen" = "appelées, qu'on appelle...") prouve que c'est un terme relativement récent : apparu dans le contexte de vaccinations collectives contre la méningo-encéphalite à tiques •• Zecke •• , il est aujourd'hui employé couramment dans le cadre de la pandémie de Covid-19. Ces centres sont aménagés pour tester (Teststraße) ou vacciner (Impfstraße).

Contrairement à ce que suggère le terme "Straße", ces tests et vaccinations ne se font pas sur la voie publique. Le mot n'est pas employé dans son sens courant de "rue", "voie de communication", mais dans son sens technique de "chaîne de fabrication" (Fertigungsstraße). Dans ces centres de vaccination de masse, les gens sont vaccinés "à la chaîne •• am laufenden Band, wie am Fließband •• " : cela augmente le rendement •• (Arbeits)Leistung, Wirkungsgrad •• , mais le parallèle entre la production de biens de consommation et l'acte médical •• medizinische Leistung •• que représente la vaccination peut sembler déshumanisant •• entmenschlichend •• .

 

Vaccinodrome, vélodrome ou bien hippodrome ?

Chacun sait que c'est Edward Jenner, un médecin britannique, qui a découvert en 1798 le principe de la vaccination - qui va supplanter •• verdrängen •• le procédé de la variolisation •• Variolation, Inokulation •• (3), beaucoup plus dangereux. Jenner avait observé que les trayeuses •• Melkerin - de "traire" : melken •• de vaches n'attrapaient pas la variole. Il a découvert que, ayant contracté •• bekommen, sich (eine Krankheit) zuziehen •• la vaccine (maladie semblable à la variole mais beaucoup moins virulente chez les bovins et les humains), elles étaient protégées contre la "petite vérole".

C'est donc de là que viennent les termes "vaccin" et "vaccination" utilisés aujourd'hui.


Eh bien, cette explication serait erronée •• falsch •• - ou du moins dépassée - depuis plus d'un siècle. En 1930, un scientifique anglais s'est aperçu que la souche •• Stamm •• utilisée dans les vaccins antivarioliques ne correspondait pas à la vaccine. Mais - faute de technique de séquençage -  les scientifiques ignorent alors son origine.

Le mystère a été percé •• ergründen •• en 2017 par une équipe de chercheurs du Robert-Koch-Institut de Berlin qui ont eu la possibilité d'analyser un vaccin de 1902, produit par le laboratoire Mulford (aujourd'hui Merck) de Philadelphie : ils ont pu prouver que c'est la variole équine (du cheval - horsepox) - et pas bovine (de la vache - cowpox) - qui a servi de base à la fabrication de ce vaccin. (article)

Logiquement, il ne faudrait donc plus parler de "vacciner" dans un "vaccinodrome" : les termes scientifiquement exacts seraient "équiner"  et "hippodromes" !


     Pour être au courant


1- Vacciner 67 millions de personnes : un travail de longue haleine •• langwierig •• ...
Seules 576 personnes ont été vaccinées pendant la première semaine en France. Si l'opération avait continué à ce rythme-là, combien de temps faudrait-il pour vacciner les 66 524 000 habitants de l'Hexagone ?
La réponse est : 2472 ans ! Très exactement 2472,15 ans x 52,15 semaines par an x 516 personnes par semaine = 66 524 000 habitants.
En accélérant à 115 200 vaccinations hebdomadaires •• Wochen-, wöchentlich •• (soit 200 fois plus que la 1ère semaine), il faudra quand même encore 577 semaines (soit plus de 11 ans) pour vacciner la totalité de la population, ou 346 semaines (soit presque 7 ans) pour en vacciner 60%.


2- On retrouve le suffixe -drome
dans les mots suivants :

• l'aérodrome (terrain aménagé pour le décollage et l'atterrissage des petits avions ≠ aéroport) =  Flugfeld.
• le boulodrome (terrain aménagé pour la pratique du jeu de boule) =  Bouleplatz
• le cynodrome (circuit •• Rennstrecke, -bahn, -kurs, Ring •• destiné aux courses de lévriers •• Windhund •• ) =                  Hunderennbahn
• le gallodrome (lieu où sont organisés des combats de coqs) =         Hahnenkampfarena
• l'hippodrome (circuit de courses de chevaux et de chars - dans l'Antiquité) = Pferderennbahn
• le vélodrome (stade aménagé pour les courses cyclistes) =             Radrennbahn
• Le syndrome et le dromadaire font aussi partie de la famille : le premier définissant un "concours (dérivé de "courir") de circonstances", une conjonction d'éléments distincts ; le second est littéralement un (chameau) "coureur".
• Quant au crapaudrome (barrière aménagée pour empêcher les crapauds •• Kröte •• et autres batraciens •• Amphibien •• de traverser une route où ils risquent de se faire écraser •• überfahren •• . Ils sont récupérés •• abholen, bergen •• par des bénévoles •• Freiwilliger, ehrenamtlicher Mitarbeiter •• qui les aident à traverser), il empêche plutôt les amphibiens de courir sur la chaussée •• Fahrbahn •• ...                    Kröten-, Amphibienschranke


 

3-  Variolisation et vaccination :

► "La variolisation est l'inoculation volontaire de la variole, prélevée •• (als Probe) entnehmen •• sur un sujet faiblement malade, ou lui-même variolisé. Cette technique, qui remonterait •• zurückliegen •• à la Chine ancienne, protège les sujets d'une variole grave. Son manque de fiabilité •• Zuverlässigkeit •• (rien ne prouve que le sujet variolisé ne fera pas une variole grave) et le risque de dissémination •• Verbreitung, Ausbreitung •• de variole ont conduit à son abandon après la découverte de la vaccination. (Wikipedia)

► La variole a été totalement éradiquée •• ausrotten •• en 1980, mais elle a été responsable jusqu'à la fin du XVIII e siècle de dizaines de milliers de morts par an, rien qu'en Europe.
Appelée "petite vérole / small pox" (tandis que la "grande vérole / great pox" désigne la syphillis), elle a été introduite en Amérique par les explorateurs du Nouveau Monde et y a décimé les Amérindiens.

•  La maladie a fait aussi des ravages •• faire des ravages : verheerende Folgen haben, großen Schaden anrichten •• dans les maisons royales : l'empereur Joseph 1er d'Autriche en est victime en 1711, le tsar Pierre II de Russie en 1730.
Quant à Louis XV, c'est "grâce" à deux épidémies qu'il a succédé à •• jm nachfolgen •• son arrière-grand-père •• Urgroßvater •• Louis XIV à l'âge de 5 ans : son grand-père, le Grand Dauphin, était mort de la variole, et son père, le Petit Dauphin, de la rougeole •• Masern •• . En 1774, Louis XV meurt, lui aussi, de la variole.

• C'est pourquoi, en 1778, Louis XVI décide de se faire inoculer la petite vérole et, comme chacun le sait, le monarque n'est pas mort de maladie, mais guillotiné. 

Quant à son épouse, Marie-Antoinette de Habsbourg, elle avait déjà été "variolisée" à Vienne, quelques années auparavant. (article passionnant - en allemand : spiegel.de).

Seepocken et balanes FrAu ModJo - 2020

 

Une question à poser ou un commentaire à faire ?   Précision - Les mots traduits
figurent sous leur forme de base :
infinitif pour les verbes ;
singulier pour les substantifs ;
masculin singulier pour les adjectifs.

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